L'Historique de St André


4) L'Après-guerre

L’école retrouve enfin, après tant de tribulations, un rythme régulier : les rentrées scolaires se déroulent normalement, les effectifs sont relativement stables, les résultats aux examens s’avèrent très satisfaisants, on parvient à poursuivre l’amélioration des locaux et même à boucler, bon an mal an, le budget ce, grâce, surtout, à la kermesse annuelle de l’école, à la générosité des paroissiens de Saint André et aux subventions de la ville ; on sait, par exemple, que celle-ci alloua à l’école en 1960, la somme de 3 875 francs.


La Communauté en 1946-1947

Haut (de gauche à droite) Frères Ambert, Michel - André - Léon - Bernard - Apollinaire - Jean (Marion) et Blin Constant

Bas (de gauche à droite)
Blimond (Deparis) - Arnaud - Joachim (Dr) Armon Marie et Attale Bertin


Rien de bien remarquable au cours de ces années, si ce n’est la mise en place d’une cantine et la visite à l’école, le 6 décembre 1941, du grand Saint Nicolas et de son inséparable Père Fouettard qui récompensèrent les enfants sages et corrigèrent soigneusement les méchants : en effet, beaucoup de Frères venaient de l’Est où la fête de St Nicolas revêt une grande importance.

Autre visite, en août 1943, celle de la police allemande qui venait arrêter le Cher Frère ARCHANGE VICTOR, Directeur de la Communauté, ainsi que les Frères ARNOULD-BENILDE et APPOLINAIRE-ANSELME.

Conduits à la prison Robespierre, ils ne seront libérés qu’en février 1944. Pendant leur absence, le Cher Frère ARNAUD-JOACHIM, installé Directeur de la Communauté, veilla à la poursuite du bon fonctionnement de l’école.

Le 10 juin 1944, M. l’Inspecteur primaire ordonna, en raison des bombardements aériens, la fermeture de l’école Rogelet et de celle des Gobelins (actuellement école de La Providence). Toutes deux durent se replier vers le centre de la ville ; dès le 13 juin, les classes des deux écoles reprenaient à l’institution MAINTENON, rue St Pierre les Dames (actuellement école Notre-Dame).

Enfin, le 30 août 1944, après quatre années d’occupation, la ville de REIMS était libérée !

 

Les maîtres

Le départ d’un Frère, en septembre 1949, est à l’origine de l’embauche d’un maître civil, M. Léon GAUTIER, ancien Directeur de l’école St Benoit de REIMS, en retraite depuis deux ans, qui reprit ainsi du service dans l’enseignement libre. Les notes des Frères précisent «qu’à sa demande, lui fut confiée la 5e classe (qui correspond à l’actuel cours préparatoire), celle des petits, dont il se tira à merveille » (sic).

Il remit sa démission au frère Directeur en 1954, ses forces déclinantes ne lui permettant plus de continuer à faire la classe. Il faut dire qu’il était alors âgé de 73 ans et qu’il comptait 51 ans de service ! Il fut remplacé par Madame Suzanne ROZELET qui, il est vrai, n’était âgée que de… 54 ans !

Les exigences de l’État relatives aux diplômes ayant contraint les jeunes Frères à se consacrer à des études supérieures et ceux-ci, de surcroît, n’étant plus exemptés du service militaire, la Communauté de St André se trouva bientôt réduite à trois Frères. Ceci eut pour conséquence un nombre croissant de maîtres civils à l’école Rogelet.

En 1969, un changement de Directeur s’imposa qui allait faire couler beaucoup d’encre : mais en dépit des plus sombres pronostics, la mise en place d’un Directeur «laïc », en la personne de M. Marcel VASSEUR, fut accueillie sans difficulté par les familles comme par l’ensemble du corps professoral.

 

La scolarité

On enregistrait en octobre 1954, un effectif légèrement en baisse ; en effet un nombre croissant d’élèves de 7ème et de 3ème quittaient l’école pour pouvoir poursuivre une scolarité plus longue au Lycée de REIMS.

Aussi, dans l’espoir de garder les élèves plus longtemps, l’école n’hésita-t-elle pas à ouvrir de nouvelles classes (6ème, 5ème dans un premier temps). En 1956, la 5ème fonctionnait avec douze élèves. En octobre 1957, montrant une nouvelle fois ses grandes facultés d’adaptation, l'école comptait 208 élèves répartis en huit classes, de la 11ème à la 4ème ; en octobre 1958, la population scolaire était de 260 élèves, de 297 en 1959 dont 90 au cours complémentaire qui comptait désormais les quatre niveaux requis (6ème, 5ème, 4ème, 3ème) et préparait donc au BEPC.

L’effectif se maintiendra, durant quelques années au nombre approximatif de 300 élèves, pour se remettre bientôt à croître de façon spectaculaire.

 

La fin des tribulations

Deux événements importants vont parachever le profil de l’école Rogelet. D’une part, celle-ci ayant droit au titre de CEG (Collège d’Enseignement Général), elle dépose, pour les classes concernées, une demande de contrat d’association avec l’État, qui sera signé le 11 février 1964. D’autre part, les locaux s’avérant de plus en plus exigus, elle est amenée à se départir progressivement de ses classes primaires au profit d’une école voisine, l’Externat St André, sise au 17, rue Raymond Guyot.

A partir de Pâques 1969, les deux écoles inscriraient les élèves l’une pour l’autre, Rogelet conservant, outre ses classes de collège, le seul CM2. Cette dernière classe sera transférée, dès l’année suivante, à l’Externat St André qui regroupait désormais, sous la direction de Mlle Bernadette BOITEUX, toutes les classes élémentaires mixtes, les deux écoles collaborant étroitement.

Mais bientôt, le problème de locaux se posa à nouveau cruellement pour ces deux établissements ; aussi le Conseil Épiscopal du 29 février 1972 donna-t-il son accord pour le transfert des deux écoles, Rogelet et St André, dans les locaux du Petit Séminaire, au 33 de la rue Raymond Guyot et encore occupés par la Communauté des Frères ; ceux-ci se voyaient ainsi dans l’obligation de trouver un autre lieu d’implantation.

Il est important de rappeler ici que les responsables, relevant tant du plan scolaire que paroissial, diocésain et lassalien, ont décidé ces mutations d’un commun accord, dans le sens d’une plus grande ouverture aux jeunes les plus démunis, condition soulignée encore par le Conseil Épiscopal.

L’inauguration officielle des nouveaux locaux, rapidement aménagés, eut lieu le samedi 27 octobre 1973 : M. VASSEUR, Directeur du Collège Rogelet et Mlle BOITEUX, Directrice de l’Externat St André assuraient l’accueil des personnalités invitées.

Le Frère Pierre JUILLET, alors Directeur Diocésain de l’Enseignement Catholique, présenta les diverses étapes de cette réalisation à Monseigneur MENAGER, Archevêque de REIMS, à M. Jacques BAROT, premier adjoint au Maire de REIMS, à Messieurs Jean FALALA et Roger CRESPIN, Députés, à M. Germain SKOURATKO, Président de l’Association d’Éducation Populaire de la paroisse St André et à bien d’autres encore.

Sans regrets stériles du passé, les Frères ont continué alors d’œuvrer dans cette école rénovée, contribuant à animer cet ensemble, en liaison avec l’équipe d’éducateurs et les familles.

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