L'Historique de St André


1) Une genèse difficile ou la volonté d’exister

On ne peut faire l’historique de l’école ROGELET sans évoquer d’entrée SAINT JEAN-BAPTISTE DE LA SALLE, fondateur de l’institut des Frères des Écoles Chrétiennes, baptisé en 1651, puis enfant de chœur en 1659, en l’église Saint Hilaire de REIMS (sise entre la rue du même nom, le boulevard Lundy et la rue Andrieux).

Ce sont précisément les paroissiens de Saint Hilaire qui firent don, en 1738, d’une maison se trouvant au marché de la Laine, pour l’établissement d’une école gratuite.

Les "héritiers" de Jean-Baptiste de la Salle, de concert avec eux, consentirent à utiliser maison et fondations à cette fin. L’école devait s’ouvrir dès que des personnes pieuses auraient fourni les fonds nécessaires à son fonctionnement.

M. le Chanoine GODINOT, de l’église de REIMS, fit restaurer cette maison et acheta quatre fermes sur les territoires du TOUR, de MARS-SOUS-BOURQ (près de VOUZIERS) de THUGNY-TRUGNY (près de RETHEL), de BANOGNE (au nord-ouest de CHATEAU PORCIEN) : le montant de leur location, joint aux fonds antérieurement réunis, procurait une somme de vingt mille livres, dont les revenus, ainsi que les principaux de rente allégués par une demoiselle FRANSQUIN, de REIMS, devaient être employés au paiement de la pension de trois maîtres (trois frères des écoles chrétiennes) et à l’entretien des bâtiments.

Cette école gratuite du marché de la Laine fut établie tant pour les pauvres de la paroisse Saint Hilaire que pour ceux des paroisses Saint Symphorien et Saint André du Faubourg Cérès. Mais les Frères des Écoles Chrétiennes n’ayant pas voulu se soumettre au serment révolutionnaire, furent interdits à REIMS de 1789 à 1800. Ceci eut pour conséquence la fermeture de l’école du Faubourg Cérès.

Les anciens membres de l’Institut reparurent cependant dès 1800 à LYON, puis dans notre ville ; ils ne portaient pas encore l’habit mais, soutenus par l’Empereur Napoléon 1er, redevenaient les maîtres d’école des pauvres.

Ils furent même, sur la requête d’un grand bienfaiteur des Frères, M. RUINART DE BRIMONT et du célèbre ROYER-COLLARD, député de VITRY LE FRANCOIS, exemptés du service militaire. Parallèlement le Faubourg Cérès prenait une extension assez considérable. Dès 1821, nombre de rémois s’y étaient fixés et y avaient transporté leurs industries. Or, l’école du Faubourg Cérès n’était toujours pas réouverte. Éloignées du centre, les familles négligeaient d’envoyer leurs enfants en classe, les privant des bienfaits de l’instruction primaire. Il fallait réagir !

En 1828, Mademoiselle RENART donna à la ville la somme 5 000 Francs pour la construction d’une école, à la condition expresse que celle-ci serait sur la paroisse Saint André. D’autres dons étant venus s’ajouter au premier, les constructions de l’école des Frères de l’Esplanade Cérès s’élevèrent rapidement et on put bientôt ouvrir les classes à de nombreux enfants ; en 1831 l’école comptait en effet deux classes avec… 197 élèves ; en 1837, deux classes toujours, mais avec 277 élèves !

Les Frères se trouvaient donc surchargés de têtes blondes et de travail et, malgré l’abnégation et le dévouement que les Lassaliens ont toujours manifestés, il fallut envisager l’agrandissement du local : on procéda donc à des constructions supplémentaires sur un terrain recouvrant les anciens égouts de la ville…

Aussi en 1866, l’école comptait-elle quatre classes… Mais pour 418 élèves !

Le problème se posait à nouveau ! Un local, affecté à la Bourse, et contigu à l’école de l’esplanade Cérès, fut ainsi proposé, en 1867, par Monsieur le Maire, comme pouvant permettre l’ouverture d’une cinquième classe.

Notons pour la petite histoire, que le quatrième maître installé en 1854 ne reçut aucune rémunération jusqu’à la fin de l’année 1862. La communauté des Frères n’osait, en effet, demander de traitement, craignant déjà de soulever la délicate question de la rétribution scolaire…

Bientôt le vent souffla à la laïcisation, le Conseil Municipal décida, en effet, lors de la séance du 6 octobre 1879, que les Frères des écoles communales seraient remplacés par des maîtres laïques dès le 1er octobre 1880.

Messieurs Edouard WERLE, ancien Maire, ROEDERER, OHL, MENNESSON, négociants, COUTIER, ancien avoué, JUILLET, doyen du chapitre, PARIS, avocat et ancien Maire, GOULET et bien d’autres se regroupèrent autour de Monseigneur LANGENIEUX, Archevêque de REIMS, et organisèrent une société anonyme, afin de pourvoir, au plus tôt, à l’établissement d’écoles libres.

Des sommes considérables furent amassées en peu de temps, il fallut choisir des locaux qui puissent affronter toutes les exigences de la loi. Pour remplacer l’école de l’esplanade Cérès et, à l’instigation de M. DELAHAYE, Curé de Saint André, qui désirait avoir la maîtrise sur sa paroisse, M. Henri MENNESSON avait, dès 1879, fait approprier un immeuble lui appartenant et sis au numéro 3 de la rue d’Ormesson : les deux salles du haut devaient servir de classes, celle du bas était destinée aux leçons de chant. La Communauté, composée de trois Frères qui dirigeaient parallèlement le Cercle Catholique, occupait un petit corps de logis voisin.

Mais cette Communauté, établie en 1880 sur la paroisse Saint André, fut supprimée en 1883 et ses membres réunis à celle de Saint Jean-Baptiste, rue de Contrai.

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